Le processus de labellisation B Corp by Spring Lab 🌈

Rencontre avec Flore Oliveau, Impact Officer de Spring Lab

 

👋 Bonjour Flore ! 

👋 Bonjour Elodie. 

 

Merci de m’accorder le temps pour cet interview. Pour démarrer cette interview, notre question “rituel d’ouverture” : si tu étais un jeu de société, lequel serais-tu ? 

J’aime beaucoup cette question… ça en dit long sur la personnalité ! Pour ma part, j’adore les Unlock. L’idée de résoudre des problèmes, investiguer des indices, chercher des solutions m’anime beaucoup. Après, je dois avouer que j’ai un côté “Madame Je sais tout” et j’adore apprendre. Je suis une adepte des jeux du type Trivial Pursuit. En règle générale, dès que je peux apprendre des choses, j’aime bien ! 

 

Pourrais-tu nous parler de la grande nouvelle qui fait vibrer Spring Lab depuis quelques semaines ? 

Sourire. Dès mon arrivée chez Spring Lab, une des premières initiatives dont j’ai entendu parler est le processus de labellisation B Corp. Toute une démarche avait été conduite pour repenser la stratégie du cabinet sous le prisme de l’impact. Pour ma part, j’ai commencé à piloter la certification Société à Mission tandis que notre ancienne Responsable Communication & Marketing démarrait l’exploration du label B Corp. À son départ, avec l’aide de Mylène Daudier, Chief Impact Officer, ,nous avons porté les deux sujets pour nous amener jusqu’à l’audit – qui a démarré en juin 2023. Cela a été un travail de longue haleine, qui a mobilisé beaucoup de collaborateur·rice·s. Le 12 mars 2024, Spring Lab a été labellisé B Corp. 

 

Et avec une note de 86.9 points, c’est une excellente nouvelle ! Comment te sens-tu ?

Je crois que j’ai encore du mal à réaliser ! 3 mois après l’obtention, et à force d’en parler autour de moi, j’ai l’impression de prendre tout juste conscience de l’ampleur de cette transformation, dans nos manières de faire, mais aussi dans nos valeurs, dans notre culture. Nous étions 10 petits bras sur ce projet et je me sens sincèrement émue de tout ce chemin parcouru. À titre personnel, je pense que ce n’est pas donné à tout le monde de mener une certification Société à Mission et une labellisation B Corp à seulement 25 ans. C’était une année assez éreintante, mais j’en ressors d’autant plus fière. 

 

Et si l’on ouvrait le capot ! Comment pilote-t-on une labellisation B Corp ? 

La première étape est une étape de sensibilisation de l’ensemble des membres de l’équipe. Devenir B Corp doit être pensé comme un véritable projet d’entreprise, et non comme un processus pur et simple de labellisation. Ensuite, la question du pilotage est clé. Au tout début, nous avions adopté la stratégie du pas-à-pas, et procédions à partir de check-list mensuelles. Rapidement, nous avons structuré un outil de pilotage plus complet. Puis, nous avons démarré nos comités de pilotage mensuels, que nous complétions au besoin par des points hebdomadaires pendant les phases plus critiques. Mon obsession était de m’assurer que le plan d’action soit correctement suivi, même si je n’étais jamais seule. Avec Mylène et Pascale, nous formions un trinôme et nous avions des façons de travailler très complémentaires. Nous souhaitions atteindre les 90 points pour soumettre l’ensemble des documents à l’audit – qui a lui-même demandé un travail conséquent de préparation, orale et écrite. Je pense qu’une labellisation B Corp en dit beaucoup sur la capacité de collaboration au sein d’une entreprise : savoir s’écouter, prendre en compte l’avis de l’autre, agir avec intégrité.  

 

Quelles sont les conséquences de cette transformation ? Qu’est-ce qui a changé dans votre manière d’aborder le métier du conseil ? 

Sans hésiter : notre regard et notre vision de l’impact. Pour Spring Lab, c’est s’assurer que nos missions ne soient pas néfastes pour la planète ou pour la société, et qu’elles génèrent de l’impact positif. Nous avons formalisé des principes de mobilisation d’un comité éthique. Si nous jugeons qu’une mission peut potentiellement générer un impact négatif, ce comité se rassemble pour décider si nous acceptons ou non de mener cette mission. C’est un parti-pris très fort selon moi car il ouvre la voie vers l’épineuse question des renoncements. Et pour soutenir des renoncements, il doit y avoir des opportunités. Je suis heureuse de constater que nous sommes de plus en plus sollicité·e·s sur des enjeux d’expression et d’activation de stratégies RSE. Nous sommes maintenant identifié·e·s comme un partenaire qui a l’expertise pour adresser et accompagner les entreprises vers l’impact positif. 

 

En quoi ce projet – que tu as conduit – a une âme différente de s’il avait été conduit par une autre personne ? 

Je dirais que ma jeune expérience et mon regard neuf ont apporté la réflexion et le recul nécessaires à cette transformation : se poser les bonnes questions sur nos pratiques, prendre de la hauteur, clarifier le “pourquoi” de la démarche afin d’aller dans la bonne direction. J’ai aussi eu la chance de travailler depuis Toulouse dans un premier temps, puis depuis Paris – les deux bureaux de Spring Lab – ce qui a été une vraie force pour booster la collaboration et assurer l’efficacité durant les phases ultra-opérationnelles. 

 

Qu’est-ce que ce projet a développé ou renforcé comme conviction chez toi ? 

Qu’un chemin de transformation est fait de rencontres, avec soi-même, avec les autres. Quand je vois aujourd’hui qui nous sommes devenu·e·s, individuellement et en tant qu’entreprise, les convictions qui ont émergées, c’est assez bluffant. J’ai également vu naître un nouveau regard chez nos client·e·s et au sein de l’écosystème avec lequel nous travaillons. J’ajouterais que la place des discussions, du dialogique est clé, car elle est permettent de comprendre jusqu’où nous sommes prêts à aller et de se fixer ses limites.

 

Y-a-t-il des renoncements auxquels vous avez été confronté·e·s ? En quoi ont-ils été sains ? 

Le renoncement principal concerne les éléments que nous n’avons pas pu traiter. Il fallait prioriser et nous l’avons fait. Ce que je retiens, c’est qu’il faut y aller avec les “armes” que l’on a. Nous sommes une petite structure, nous n’avions pas d’équipe 100 % dédiée à l’obtention de ce label. Tout au long du processus, il a fallu faire preuve d’humilité et accepter qu’il y avait des sujets sur lesquels nous n’avions pas les ressources nécessaires pour aller plus loin. C’est cette prise de conscience qui nous a permis de capitaliser sur nos points forts. 

 

Qu’aimerais-tu dire à une entreprise qui souhaite se lancer dans la certification B Corp ? 

Que ce processus peut s’avérer long ! La recette, c’est de se fixer des objectifs à court terme, pour avoir le sentiment d’avancer, sans perdre de vue l’objectif final. Que la démarche de la labellisation est une véritable transformation interne : n’oublions pas qu’un changement de vision peut provoquer des oppositions. Il faut donc y apporter du soin : faire comprendre la démarche à l’équipe, partager ses convictions et donner envie à chacun·e de jouer un rôle. La belle surprise, ce sont toutes les rencontres que l’on peut faire tout au long du parcours ! 

 

Justement, pourrais-tu nous en dire plus sur vos échanges avec d’autres entreprises certifiées B Corp ? 

Nous avons trouvé un réel soutien de la part de notre écosystème – que ce soit dans notre réseau personnel, auprès de certains clients (SeaBird, Laboratoires Expanscience et Vestiaire Collective), et même de nos concurrents (Imfusio) ! Leurs conseils ont été précieux. Dans les moments où nous avions l’impression de ne pas voir le bout, avoir le soutien de personnes qui nous affirment que ça vaut le coup, qu’il ne faut rien lâcher est un vrai booster. 

 

Quel est le prochain sujet auquel tu as envie de te frotter ? 

 

Je dois reconnaître que l’année dernière, j’ai passé tellement de temps à préparer cet audit que j’en ai oublié ma propre inspiration ! Notre prochaine bataille sera celle de la mesure d’impact. Selon moi, c’est un gros sujet qui peut nous permettre d’aller chercher un meilleur score lors de notre re-certification B Corp. Il s’agit de créer un outil qui nous soit utile et simple, nous permettant de faire du reporting extra-financier qualitatif, notamment sur l’impact de nos missions.

 

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