Les Visages du Virage – Rencontre avec David Le Douguet
LE LEADERSHIP DE LA TRANSFORMATION EN ACTIONS
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Chez Spring Lab, on aime l’intelligence collective !
Alors pour démarrer cet échange, si tu étais un jeu de société, lequel serais-tu ?
Je serais certainement Les Aventuriers du Rail. J’aime le côté construction, la géographie, la stratégie… et le fait que ce soit un jeu à la fois accessible et agréable à jouer avec mes enfants. J’ai pensé aussi à Diplomatie, pour le côté conquête de territoires, mais le jeu qui représente le mieux l’intelligence collective, c’est plutôt le rugby. On gagne ensemble, on avance ensemble.
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Comment en es-tu venu à t’engager en faveur des enjeux de transition sociale et environnementale ? Quel a été ton moteur ?
Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain. La nature a toujours été très présente dans ma vie : le surf, la planche à voile… J’ai ensuite approfondi ces sujets dans mon école d’ingénieur. La vraie bascule a eu lieu un peu plus tard, avec la naissance de mes enfants. À ce moment-là, j’ai ressenti le besoin d’aligner ma vie professionnelle avec mes convictions et avec ma famille. Deux marqueurs très forts donc : l’école et la naissance de mes enfants.
Aujourd’hui, ce qui motive mon engagement est que la nature soit en bonne santé. Si la planète va mal, nous n’allons pas bien non plus, c’est aussi simple que ça. Ensuite, la justice sociale : on ne s’en sortira pas dans un monde où chacun tente de s’accaparer des ressources rares. Et puis mes enfants : dans quel monde vont-ils évoluer ? J’aimerais un monde solidaire, où on prend soin les uns des autres.
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Qu’est-ce qui t’inquiète le plus ? Et à l’inverse, qu’est-ce qui te donne de l’espoir ?
La période de bascule que nous traversons. Le passage d’un modèle à un autre génère de l’instabilité et des réactions de rejet, notamment sur l’environnement ou l’égalité hommes-femmes. Certaines personnes préfèrent que rien ne change, et cela crée des tensions.
Ce qui me donne de l’espoir, le sens de l’histoire ! Malgré les résistances, il y a un mouvement de fond très puissant. De plus en plus de gens s’engagent, la transformation écologique entre dans le débat politique, et surtout au niveau local où les habitants constatent directement les impacts du changement climatique. La vraie question maintenant, c’est : comment en parler pour embarquer tout le monde ?
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Peux tu nous présenter ton rôle au sein de l’expertise Assainissement et Maintenance France de Veolia ?
Notre Business Unit regroupe 6 500 collaborateurs, dans 250 agences partout en France. Sa raison d’être est de transformer la performance environnementale des installations de ses clients, grâce à des services d’assainissement et de maintenance des réseaux.
Au sein de cette BU, je suis Directeur régional sur le Centre-Ouest. Je pilote environ 30 agences, 800 personnes, pour des clients industriels, des collectivités et des particuliers. Notre métier est, par nature, celui de la transformation écologique : on protège l’environnement et la salubrité publique.
Tu peux nous donner un exemple concret ?
Oui, par exemple la collecte des graisses de cuisson chez nos clients. On les sépare, on les valorise, on protège les réseaux d’assainissement, et on produit une énergie locale et décarbonée. C’est un geste très concret et profondément écologique.
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Nous t’avons choisi comme “Visage du virage” car tu mènes avec Veolia un véritable virage pour accélérer la transformation écologique. Comment vous y prenez-vous ?
Avec Marie Borni, nous sommes Sponsors de la Transformation Écologique. Notre rôle est d’accélérer, de donner un cap et d’assurer que la transformation se diffuse dans tous les métiers. Nous nous appuyons sur le plan stratégique Green Up, que l’on adapte à notre BU. Cela implique d’anticiper les besoins de nos clients, de développer des solutions techniques et de service, et de mobiliser les collaborateurs.
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Qu’est-ce qui change le plus pour les équipes ?
Les équipes commerciales et opérationnelles ont compris que la Transformation Écologique n’était pas juste un supplément d’âme, mais une approche structurante pour apporter de la valeur à nos clients. C’est un changement de conviction, de posture et de manière d’exercer notre métier.
Quels sont tes plus grands défis ?
Continuer à produire des offres utiles, car “une entreprise prospère si elle est utile”. Et faire en sorte que la Transformation Écologique améliore la vie des collaborateurs, ce qui crée une adhésion incroyable. Dans une entreprise aussi décentralisée, il faut que la transformation se joue sur le terrain — et c’est le cas.
En quoi votre approche est-elle singulière ?
Par la solidarité. Par le fait que la Transformation Écologique est au cœur du métier, pas un sujet en plus. Et par le rôle de la ligne managériale. Le point de bascule a été les séminaires d’onboarding régionaux : il y a eu un vrai avant/après dans l’appropriation du sujet par les top managers des régions.
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Selon toi, quelle est la plus grande responsabilité d’un cabinet de conseil à impact aujourd’hui ? Son plus grand défi ?
S’adapter à la sensibilité et à l’histoire de chaque client. Accepter le temps long, être concret, refuser le greenwashing, et surtout prioriser ce qui a le plus d’impact. Si on prend un exemple concret de notre métier, on ne peut pas mettre sur le même plan la décarbonation de notre flotte de camions et le fait de mettre fin aux gobelets en plastique.
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Pourquoi collabores-tu avec Spring Lab depuis trois ans ?
Pour votre capacité à structurer, séquencer, embarquer 6 500 personnes dans un modèle décentralisé, avec des solutions sur mesure, et une implication réelle des équipes. De l’intelligence collective à l’échelle ! Ce n’est pas classique, et ça fonctionne.
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Comment imagines-tu en 2040 l’entreprise idéale ?
Je crois en une entreprise utile à ses clients, ses parties prenantes et la planète, qui a réussi sa transformation écologique et qui oeuvre à la transformation écologique de ses clients. Une entreprise qui garantit une qualité de vie au travail, et est engagée pour la justice sociale. Une entreprise qui coopère, qui prend en compte l’extra-financier, et qui assume ses choix dans le cadre des limites planétaires.
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Qu’aimerais tu transmettre aux générations futures ? Quel message / quel héritage aimerais-tu laisser ?
N’ayez pas peur des autres. Soyez inclusifs. Cherchez des solutions dans le collectif.
La résilience vient du dialogue et de la coopération. Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.
Les Visages du Virage est une série d’interviews aux côtés de celles et ceux qui portent des transformations stratégiques, organisationnelles, culturelles et surtout humaines. Les Visages du Virage, c’est une fenêtre ouverte sur les projets qui réjouissent notre quotidien et qui enthousiasment nos client·e·s.
Chaque interview est une histoire unique, une source d’inspiration et un appel à l’action.
